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16 janvier 2008

Managérialisme

Entre deux travaux de mise à jour, Éconoclaste nous propose l'analyse d'un discours de Tony Blair :

En lisant son récent discours prononcé à l'UMP, je suis particulièrement conforté dans cette opinion : Blair ne mérite pas tous les éloges qui lui sont adressés.

La question n'est pas tant celle du bilan économique et social de la Grande Bretagne durant son règne, que tout bon antiblairiste se doit de critiquer sévèrement pour expliquer que tout cela n'est pas bon pour la France, et de toute façon a déjà été appliqué en mieux. C'est que le blairisme est symptomatique d'une évolution déplorable de la politique, qui touche la gauche et la droite en France : le managérialisme, l'idée selon laquelle les problèmes de politique ne sont qu'un problème d'application de la bonne solution par des leaders courageux et dynamiques. Le managérialisme est la négation de la politique, qui est fondée sur la reconnaissance de l'existence de choix indécidables, entre lesquels il faut trancher.

23 novembre 2007

Allocation universelle

J'aimerais lancer la discussion et connaître vos avis à propos de l'idée d'allocation universelle (ou revenu social garanti ou revenu d'existence ou dividende universel) relayée par plusieurs économistes et/ou sociologues, philosophes, etc. Il y a des aspects proprement économiques à ce débat, mais aussi philosophiques, politiques; de plus, l'idée est assez tranpartisane (bien que défendue et développée différemment en fonction de certains choix politiques fondamentaux).

Des réponses sur le forum d'éconoclaste.

31 décembre 2006

Une histoire du salariat

Alors que le ministère du Travail fête ses 100 ans cet automne, Anne Kunvari propose un documentaire en deux parties sur le salariat. L'objectif ? Retracer son histoire au cours du XXe siècle, analyser sa situation actuelle et s'interroger sur son avenir.

Il était une fois le salariat

On peut retrouver ce documentaire, en deux parties sur Dailymotion :

Bonnes fêtes de fin d'année à tous.

13 septembre 2006

La précarité au cœur du rapport salarial

Via Le portail des copains, un article qui rejoint les thèmes défendus par Hazan :

(en parlant du livre de Serge Paugam, L’exclusion : l’état des savoirs)

La thèse centrale implicite soutenue dans ce dernier ouvrage est que la société française contemporaine, rebaptisée selon le cas « société post-industrielle » ou « société post-moderne » ne serait plus divisée entre un haut et un bas mais entre les in et les out : d’une part, un vaste groupe central de personnes incluses dans l’activité économique et sociale ; et, d’autre part, des populations, dont le nombre va grandissant, d’exclus de l’activité économique et sociale du fait des évolutions des formes d’emploi (la précarité professionnelle), mais aussi des formes de la vie conjugale et familiale (la précarité conjugale et familiale). L’exclusion y est définie comme un état de « rupture du lien social » ou comme un état de « disqualification sociale » (Paugam) ou encore comme un « état de désaffiliation sociale » (Robert Castel). Thèse reprise et déclinée tout le long des années 1990 par des dizaines d’ouvrages, d’articles de revue, d’articles de presse, de discours politiques, etc.

(...)

Cet ensemble de représentations obtiendra sa consécration avec l’adoption en 1998 d’une « loi sur l’exclusion ». L’exclusion n’est plus alors seulement une catégorie de la pensée sociologique mais devient une catégorie de l’action politique et administrative. Toutes les politiques sociales sont depuis lors tournées contre cette nouvelle hydre, mal post-moderne aux têtes multiples : l’exclusion.

(...)

Mon objectif dans cet article est de procéder à une critique de cet ensemble de représentations, à la fois vulgaires et savantes. Autrement dit, je me propose de montrer que chômage, précarité et exclusion ne sont nullement extérieurs au salariat, qu’ils en sont au contraire des dimensions constitutives essentiels ; et que, par conséquent, loin de constituer des phénomènes exceptionnels, marginaux, périphériques, ils sont au contraire des phénomènes structurels dont seuls changent les formes historiques-mondiales sous lesquels ils se manifestent.

Alain Bihr, La précarité au cœur du rapport salarial.

10 janvier 2004

Le pic de Hubbert

Faisons une expérience de pensée : imaginons que nous soyons capable de déterminer la date à partir de laquelle nos ressources énergétiques — disons le pétrole et le gaz — vont commencer à s'épuiser. On pourrait s'amuser à se faire peur et se demander quelle serait cette date, que seraient les solutions alternatives et qu'en seraient les conséquences.

C'est à ces questions que la Conférence sur le pic mondial de la production pétrolière organisée à Paris le 26 et 27 mai 2003 par l'Institut français du pétrole et l'ASPO a tenté de répondre. Le fait qu'une telle conférence ait eu lieu il y a plus de sept mois sans qu'aucun média français ne s'y soit intéressé est assez étrange de la part de l'industrie de l'information : c'est via un article du journal Le Canard Enchainé du 24 décembre dernier que j'ai découverts l'existence de ce pic de Hubbert.

La question de la date de ce fameux pic de production est finalement peu importante : certains pensent qu'elle approche et que cette proximité suffit à expliquer et à justifier certains attentats et certaines invasions depuis trois ans ; d'autres, comme le professeur Kenneth Deffeyes, auteur du livre Hubbert's Peak: The Impending World Oil Shortage, pense que le pic pétrolier a déjà eu lieu.

Tous sont d'accord sur un point, la pénurie arrive : les champs pétroliers de la mer du Nord seront, par exemple, épuisés dans 6 ans. Parmi les solutions envisageables, ni l'hydrogène, ni l'éthanol ne sont viables. Reste le nucléaire, mais il résoudra difficilement la question des transports.

Quant aux conséquences possibles, il suffit de lire un bout du rapport

Nous sommes sortis de la conférence avec le sentiment qu'en raison du déni politique et économique, alors que les lumières commenceront à s'éteindre, que les voitures s'arrêteront, que les fertilisants et pesticides deviendront trop chers pour les pays du tiers-monde et que les famines commenceront à frapper la planète, le charbon et le nucléaire seront les remèdes d'urgence auxquels nous auront recours, mais ne seront pas efficaces, sinon pour colmater les brèches dans l'urgence.

qui brille par son optimisme.

On lira avec profit l'article Pétrole : le début de la fin déjà là qui fournit une traduction française du compte-rendu de la conférence réalisé par Mike Ruppert, ainsi que le site Negawatt pour plus de détails.

Le Pic de Hubbert : voilà une locution promise à un bel avenir en 2004, tout comme celle de travailleur pauvre.

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