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22 mars 2009

Les livres en ligne des éditions Agone

Via revuesorg :

Le site des livres en ligne d’Agone offre en libre accès une sélection des ouvrages de la collection « Banc d’essais » en texte intégral. Créée en 2000, « Banc d’essais » est une collection de philosophie qui ne sépare pas l’examen rationnel des idées elles-mêmes d’une réflexion à la fois sociologique et morale sur le monde intellectuel qui les engendre. Rassemblant aussi bien des ouvrages de philosophie des sciences et du langage que des textes qui s’interrogent sur le rôle culturel, social et politique des penseurs et des écrivains, « Banc d’essais » présente des textes forts, écrits à contre-courant des idées dominantes et susceptibles d’intéresser un public exigeant.

Les livres en ligne des éditions Agone

28 novembre 2008

Livre numérique : la révolution attendra encore un peu

Portable, léger, de lecture confortable, ressemblant au livre à s’y méprendre, la liseuse constituerait la solution de l’édition face à la révolution numérique. Et pourtant, le compte n’y est pas.

Livre numérique : la révolution attendra encore un peu

18 novembre 2008

Conséquences économiques du piratage sur l'édition : une falsification

Via pcinpact, une curieuse étude publiée par Tera Consultants et Equancy&Co, intitulée « Impact économique de la copie illégale des biens numérisés en France » et sobrement sous-titré « Quand le chaos économique s’immisce dans la révolution technologique » prétend chiffrer les pertes économiques et sociales du téléchargement en mélangeant allègrement rétrospective et prospective.

Il y a en effet une contradiction entre l’introduction qui indique que (je graisse)

Quatre domaines ont été étudiés : la musique, le cinéma, la télévision, le livre. Il ressort que la copie illégale a un impact direct négatif de l’ordre de 1,2 milliard d’euros au cours de la seule dernière année (2007) sur l’activité des quatre domaines d’activité couverts, cela a induit une destruction nette de 5000 emplois directs.

et la section 6 consacrée à l’édition :

Le but de cette section n’est pas de chiffrer les effets actuels de la copie illégale dans ce domaine, mais de faire l’exercice prospectif dans la perspective d’émergence d’un phénomène de masse, à l’image de celui observé dans le domaine de la musique et de la vidéo.

De fait, les chiffres avancés ne concernent que trois domaines, ceux de l’édition étant que prospectifs.

Comment calculer ce chiffre pour l’édition ? Très simplement :

Le chiffrage de la copie illégale du livre nécessite en premier lieu l’estimation du nombre de livres numériques téléchargés illégalement et se substituant à l’achat (de livre numérique)

La conjonction est importante ici. Calculons ensemble :

  1. chaque français a acheté 7,29 livres en moyenne en 2006 ;
  2. hypothèse 1 : chaque téléchargeur potentiel de livre achètera lui aussi 7,29 livres numériques ;
  3. nombre d’internautes français : 31,57 millions ;
  4. nombre d’internautes français utilisant un réseau pair à pair : 30%, soit 9,5 millions (alors que 31,57 / 3 = 10,5) ;
  5. hypothèse 2 : 50% des internautes français utilisant un réseau pair à pair sont des téléchargeurs potentiels de livres, soit un peu moins de 5 millions. On remarquera la précision du pourcentage avancé ici qui ne repose sur aucune justification (pourquoi 50% ? Pourquoi pas 49% ou 51% ?) ;
  6. nombre de livres numériques achetés France : 5 millions de téléchargeurs potentiels de livres que multiplie une moyenne de 7,29 livres, nous donne 34,5 millions de livres
  7. hypothèse 3 : le taux de substitution est 50% (remarquons encore une fois la précision du chiffre !), ce qui veut dire que 50% de ces téléchargements se substitueront à l’achat d’un livre numérique ;
  8. Conclusion : une perte potentielle de vente de 17,25 millions exemplaires !

Pour calculer le chiffre d’affaire, il suffit de fixer le prix moyen d’un fichier numérique, en s’appuyant sur Amazon et le marché nord-américain (puisque ce marché est balbutiant en France), soit $9,99 par fichier numérique, -15% ce qui nous fait un prix moyen de 8,5 euros en France. Perte total : 17,25 millions d’exemplaires x 8,50 euros = 147 millions d’euros.

Consultant, un beau métier.

Mise à jour du 30.XI.2008 :

Voir aussi :

13 novembre 2008

Gallica2

Retour sur la quatrième cinquième remarque de Michel Valensi : 2 exemplaires numériques vendus en l’espace de 9 mois de l’Éthique de Spinoza.

Je viens de faire le test à partir du site de Gallica2 et les chiffres de vente sont à la hauteur de l’indigence de l’interface. En passant commande[1] de l’ouvrage en question, on est renvoyé sur une page de Tite-live : un extrait de l’ouvrage (au format PDF) est proposé au téléchargement. Ensuite, un choix vous est proposé : soit acheter le livre via la Place des libraires, soit acheter le fichier numérique à partir d’une liste de libraires [2]. Je retrouve dans cette liste Vent d’Ouest, l’un de mes librairies nantaises préférées, et c’est naturellement chez eux que je décide de passer commande. Malheureusement, après cette décision, et bien, heu, on ne sait pas ce que l’on achète, comme le montre cette capture d’écran :

Capture d'écran interface Vent d'Ouest

Acheter une quantité pour zéro euros, c’est faire une affaire ; c’est aussi le genre de bogue qui ne donne pas envie de continuer plus loin.

Plus ennuyeux, le fichier numérique acheté ne peux pas être lu ailleurs que sur l’ordinateur sur lequel il est téléchargé comme le précise les conditions général de vente :

Avertissement : Actuellement l’ensemble des livres numériques que nous proposons sur notre site sont conçus pour être lus exclusivement à l’aide d’Adobe Digital Editions sur l’ordinateur qui les a téléchargé. Ils ne peuvent être lus sur des supports mobiles (PDA, tablettes etc.) et ils ne peuvent être transférés vers un autre ordinateur (voir « Quels droits pour le livre numérique ? » pour en savoir plus)

Nous sommes en 1890, l’édition numérique démarre.

Notes

[1] Sur Gallica2, on n’achète pas un livre, on accède à un document.

[2] dommage que le paquet livre physique+fichier numérique ne soit pas proposé à la vente.

12 novembre 2008

Marchands de bits

Neuf mois après son lancement, Michel Valensi revient (en forme) sur l’expérience en cours menée par Gallica 2[1] :

Les nouvelles technologies du livre numérique ne sont pas plus adaptées à la lecture que n’a pu être naguère l’escroquerie, suivie de faillites retentissantes, du e-book et du cy-book. Elles peuvent accompagner le livre, au titre de l’information ou de la consultation, mais ne sont pas encore en mesure de se substituer à lui. L’éco-système constitué par les auteurs, les éditeurs, les distributeurs, les libraires et les lecteurs est mis en danger par ce nouveau venu, qui n’a pu trouver sa place que parce que l’édition et la librairie n’ont pas su à temps prendre internet à bras le corps et y inventer de nouvelles manières d’éditer qui renforcent leur pratique traditionnelle. De cela, les éditeurs et les libraires sont, certes, en partie responsables. Mais cette prise de conscience tardive commence à porter ses fruits. La librairie indépendante investit la vente en ligne, l’édition met en place ses propres structures pour valoriser ses fonds sur internet.

Marchands de bits

Michel Valensi est l’éditeur, entre autres, de Libres enfants du savoir numérique et de David Lewis. Il a mis en pratique son petit traité plié en dix sur le lyber avec notamment la mise en ligne de la Philosophie du langage de Diego Marconi.

Mise à jour du 23.XI.2008

Notes

[1] Je reviendrai demain sur cette expérience du point de vue de l’utilisateur

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