« Au départ, il y a la condamnation du théâtre en tant que lieu du spectateur, qui remonte au moins à Platon et consiste essentiellement en deux thèses fondamentales. Premièrement, être un spectateur, c’est une mauvaise chose, parce qu’un spectateur, c’est quelqu’un qui regarde et qui par conséquent se met en face d’apparences – et qui du même coup manque la vérité qui évidemment est ailleurs, derrière l’apparence ou en dessous de ce qu’il voit. Donc première thèse fondamentale : être spectateur, c’est regarder, et regarder est mal parce que c’est ne pas connaître. La seconde thèse qui lui est liée, même si elle peut être dissociée, consiste à dire : « Être un spectateur, c’est mauvais, parce qu’un spectateur est assis, il ne bouge pas ». Par conséquent, être un spectateur, c’est être passif et, évidemment, ce qui est bon, c’est l’activité. La question du spectateur a donc au départ et pour très longtemps été encadrée par ces deux couples d’oppositions fondamentaux, à savoir : regarder et connaître d’une part, et être actif ou être passif d’autre part. »
2 août 2009
Tout ce qui était directement vécu s'est éloigné dans une représentation
1 août 2009
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29 juillet 2009
Une histoire de l'éthique des affaires
« The story I will tell has three strands, because I believe the term business ethics is used in at least three different, although related, senses. Which sense one chooses therefore gives priority to nature of the history of the topic. The primary sense of the term refers to recent developments and to the period, since roughly the early 1970s, when the term « business ethics » came into common use in the United States. Its origin in this sense is found in the academy, in academic writings and meetings, and in the development of a field of academic teaching, research and publication. That is one strand of the story. As the term entered more general usage in the media and public discourse, it often became equated with either business scandals or more broadly with what can called « ethics in business ». In this broader sense the history of business ethics goes back to the origin of business, again taken in a broad sense, meaning commercial exchanges and later meaning economic systems as well. That is another strand of the history. The third stand corresponds to a third sense of business ethics which refers to a movement within business or the movement to explicitly build ethics into the structures of corporations in the form of ethics codes, ethics officers, ethics committees and ethics training. The term, moreover, has been adopted world-wide, and its meaning in Europe, for instance, is somewhat different from its meaning in the United States. »
28 juillet 2009
Ne pas nuire aux autres, rien de plus
« À écouter Ruwen Ogien, on est pris par un grand vent salubre et provocant. Il y a quelque chose de revigorant dans ces pensées sociales radicales qui n’hésitent pas, pour nous désengluer de la gangue d’une morale publique devenue ingérable à force de complexité, à trancher dans le vif et à battre en brèche ce qui n’avait jamais vraiment été discuté jusqu’à maintenant : l’assimilation entre soi-même et autrui, la nécessité de ne pas se permettre ce qu’on interdit aux autres, l’obligation de sauvegarder son être, son corps, sa santé et de respecter des valeurs générales ayant une incidence sur ses choix de vie de la même manière qu’on impose des prescriptions à autrui. C’est ce télescopage entre les droits et les devoirs pour soi et ceux à appliquer aux autres que Ruwen Ogien cherche à réduire à néant en mettant en évidence le seul impératif qui lui semble adapté à notre existence collective d’aujourd’hui : ne pas porter atteinte à d’autres que soi en se laissant la plus grande autonomie et liberté possible. Tout ce qui ne relève que de soi est permis. C’est bien d’un grand « décapage » qu’il s’agit et qui incite ce philosophe à dénier l’identité « du suicide et du meurtre, de l’automutilation et de la torture, de l’absence de souci de sa propre perfection et de l’abaissement délibéré d’autrui ».»
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