Afin de nous permettre de réaliser cette étude, il nous était nécessaire d'identifier les courants de pensée féministes pouvant le plus alimenter notre réflexion. Étant donné le caractère varié et multiple des courants, un courant unique ne nous offrait pas de grilles d'analyse complètes nous permettant d'analyser de façon appropriée le désir sexuel des femmes. Nous utiliserons trois d'entre eux afin de soutenir notre réflexion et de nous permettre de dégager une conception féministe du désir sexuel féminin.
Les trois courants de pensée féministes utilisés afin d'alimenter notre étude se retrouvent à l'intérieur de l'essai de typologie réalisé par Déscarries-Bélanger et Roy. Le courant de pensée féministe de la fémelléité, le courant de pensée du féminisme radical matérialiste et celui du féminisme radical de la spécificité ont retenu notre attention par leurs concepts se rattachant l'une à l'identité féminine, l'autre au contrôle social et à l'appropriation du corps de la femme et la dernière au rapport au corps.
Ces trois courants de pensée sont ceux qui semblent nous permettre d'aller le plus loin quant à l'étude de l'oppression des femmes par les aspects de leur sexualité et de leur corps. Le courant de pensée du féminisme de la fémelléité aurait comme revendication principale la réappropriation par les femmes de leur maternité et de leur sexualité. Ce courant de pensée voudrait développer une théorie de la féminité et du féminin du point de vue de l'expérience particulière des femmes. Le courant de pensée du féminisme radical de la spécificité, quant à lui, rejetterait le rapport au corps qui serait défini par les hommes, c'est-à-dire corps objet, et questionnerait le rapport des femmes à la maternité, à la sexualité et à l'amour. Pour sa part, le courant de pensée du féminisme radical matérialiste aurait comme fondement que le corps de la femme serait le lieu du rapport de l'appropriation physique de l'homme sur la femme. Moins axé de prime abord sur la sexualité des femmes, il chercherait à démontrer les manifestations tangibles de contrôle social à l'égard des femmes et comment l'oppression créerait le sexe.Nathalie Tremblay, Exploration du désir sexuel chez quatre femmes dans une perspective féministe.
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2 mars 2008
Exploration du désir sexuel chez quatre femmes dans une perspective féministe
9 janvier 2008
Centenaire de la naissance de Simone de Beauvoir
Sur la réception de l’œuvre
Depuis les années 30, une politique familiale et maternaliste d’une ampleur jamais égalée se construit patiemment en France. Les allocations familiales, l’allocation de salaire unique, les prêts au mariage, le quotient familial et une myriade d’autres mesures tentent de redresser une natalité durablement effondrée. Le baby-boom, exceptionnellement vigoureux, n’apaise pas toutes les craintes et renforce encore l’idéal de la mère au foyer, éducatrice-née d’une famille qu’on espère nombreuse. De la gauche communiste jusqu’à la droite, le natalisme règne en maître sans contestation aucune depuis que les néo-malthusiens, durement censurés, ont disparu de la scène publique. Et voilà que Simone de Beauvoir met en miettes toute cette belle mythologie de la maternité. Elle commence son chapitre « La mère » par un plaidoyer de quinze pages en faveur de l’avortement libre, elle dénie toute existence à l’instinct maternel et finit par dévaloriser brutalement la fonction maternelle qui, selon elle, aliène les femmes. Les chapitres sur « L’initiation sexuelle » et « La lesbienne » attirent tout autant les foudres d’une société puritaine qui n’avait pas encore envisagé l’éducation sexuelle.Sylvie Chaperon, « Le Deuxième Sexe » en héritage
Un colloque aura lieu à cette occasion. Extrait du programme :
Mercredi 9 janvier 2008
- Écrire l’intime (1)
- Claude Lanzmann
- Barabara Klaw, Simone de Beauvoir, Cousin Jacques du journal intime à l’autobiographie
- Catherine Viollet, « Mon amour pour vous, c’est l’ordre en moi » « Correspondance avec Violette Leduc, 1945-1972 » ”
- Écrire l’intime (2)
- Hazel Rowley, Monsters or Models? Simone de Beauvoir’s pact with Sartre
- Geneviève Brisac, Simone de Beauvoir : « En temps réel ». Une écriture de l’instantané
- Deirdre Bair, Seeing it Now: Simone de Beauvoir’s “Truth of the Story”
- Écrire l’intime (3)
- Danièle Sallenave, Castor de Guerre
- Jean-Louis Jeannelle, « Les Mémoires » comme « institution de soi »
- Danièle Brun, De l’ignorance de l’amour dans l’amitié
- Yolanda Astarita Patterson, Simone de Beauvoir et la génération dite silencieuse d’Américaines diplômées dans les années 50
- Écrire l’intime (4)
- Sheila Malovany-Chevallier et Constance Borde, Living « Le Deuxième sexe » : expériences de traduction
- Judith Klein, Présence de la philosophie dans les écrits posthumes (« Journal de guerre » ; « Lettres à Sartre » ; « Lettres à Nelson Algren ») de Simone de Beauvoir
- Anastassia Arnold, The Pain-Trap - Simone de Beauvoir and Nelson Algren - an anatomy of love
- Philippe Sollers, Les amours de Beauvoir
Jeudi 10 janvier 2008
- Beauvoir philosophe (1)
- Michel Kail, Simone de Beauvoir et l’enjeu de l’altérité
- Nancy Bauer, Self-Objectification
- Martine Reid, Anatomie d’une réception : « Le Deuxième sexe »
- Margaret Simons, From Solipsism to Solidarity: Beauvoir’s Wartime Philosophy
- Beauvoir philosophe (2)
- Christine Daigle, Beauvoir philosophe : pour une phénoménologie de l’ambiguïté
- David Risse, Philosophie beauvoirienne de la sexualité ? Ambiguïtés sexuelles pour une morale existentialiste
- Sonia Kruks, Pour une politique de l’ambiguïté
- Enza Biagini, La mort donnée : « Les Bouches inutiles », de Simone de Beauvoir
- Atelier 1 : la cause des femmes
- Annabelle Golay, « Ça m’atteignait », ou quand l’affect est politique (Beauvoir et l’Algérie, 1957-1963)
- Chet Franch, Simone de Beauvoir’s «The Second Sex»: Naissance or Renaissance in South Africa?
- Annlaug Bjorsnos, Femmes du Nord et femmes du Sud : dialogue ou guerre idéologique ? L’apport du « Deuxième sexe » à un débat d’actualité
- Yan Hamel, Entre tourisme et engagement : autour de L’Amérique au jour le jour
- Maria Menagaki, L’impact du « Deuxième sexe » en Grèce : un aspect inédit
- Atelier 2 : Beauvoir philosophe
- Cécile Decousu, La philosophie du « Deuxième sexe ». Cohérence du projet beauvoirien et au-delà
- Pierre Bras, Pour une philosophie du droit beauvoirienne
- Tove Petterson, Existential Joy in Beauvoir’s moral philosophy
- Philippe Cabestan, Simone de Beauvoir et l’énigme de la différence sexuelle
- Eric Levéel, Le tout voir beauvoirien ou pour une philosophie des voyages
- Atelier 3 : Écrire l’intime
- V.H. Alvarez, Simone de Beauvoir : deux points pour une ouverture graphique sur la vie
- Emmanuel Leclercq, Simone de Beauvoir et le cinéma : les réciprocités inabouties ?
- Eliana Calado, La construction de l’identité dans « Mémoires d’une jeune fille rangée »
- Sylviane Saugues, L’incipit du manuscrit des « Mémoires d’une jeune fille rangée »
- Anne Strasser, Les figures du « Je » ou la question de l’identité dans les écrits autobiographiques de Simone de Beauvoir
- Atelier 4 : Beauvoir romancière
- Carolle Gagnon, Survie et amour accompli dans « Les Mandarins » : une interprétation sémiotique de la lumière dans la rencontre d’Anne et de Lewis à Chicago
- Triantafyllia Kadoglou, « Les Mandarins » : Un témoignage sociopolitique de signification universelle
- Ayse Kiran, Les belles images françaises des années soixante
- Tiphaine Martin, « Le Deuxième Sexe » et « La Femme rompue » : une écriture parallèle ?
- Ann-Sofie Persson, De la narration du spectacle au spectacle de la narration : « L’invitée » de Simone de Beauvoir
- Thomas Stauder, Simone de Beauvoir et ses héritières : Une comparaison entre « L’invitée » (1943) et « Castillos de cartón » (2004) de Almudena Grandes
- “Portrait croisé de Simone de Beauvoir et de Jean-Paul Sartre” en présence de Madeleine Gobeil :
- Un dossier des Archives de Radio-Canada, réalisé en 1967 par Max Cacopardo, 39 min, avec la participation de Madeleine Gobeil et Claude Lanzmann, journalistes.
Vendredi 11 janvier 2008
- “La cause des femmes (présidé par Francis Marmande)
- Liliane Lazar, Le combat de Simone de Beauvoir contre l’antisémitisme
- Asa Moberg, An overview of how « Le Deuxième sexe » has been mistreated and shortened in different translations
- Annie Sugier, Témoignage : Avec Simone de Beauvoir, nos chemins se sont croisés
- Elizabeth Fallaize, Le temps des femmes : Simone de Beauvoir et la femme indépendante
- Claire Etcherelli, Témoignage : « 25 ans en compagnie de Simone de Beauvoir »
- Deux tables rondes
- Beauvoir romancière (1)
- Gérard Bonal, Simone de Beauvoir - Colette : une rencontre inattendue
- Dominique Desanti et Danièle Fleury, A propos des « Bouches inutiles »
- Donovan Miyasaki, Political Violence as Mauvaise Foi in « Le Sang des autres »
- Beauvoir romancière (2)
- Adelaïde Mokry, Le double « je » des « Mandarins » : Beauvoir et le masque du masculin
- Alison Holland, La voix chancelante dans le monologue intérieur de Anne, dans « Les Mandarins » de Simone de Beauvoir
- Björn Larssonn, Simone de Beauvoir vingt ans après
- Valérie Stemmer, « L’Invitée », « une frivole histoire d’amour »
- Beauvoir romancière (1)
Une photo

Art Shay, Simone de Beauvoir in Chicago, 1952.
Sans doute une Phryné ne craint pas les regards, elle se dénude au contraire avec superbe : sa beauté l’habille
Une citation
« « On ne naît pas femme, on le devient » : je reprends à mon compte cette formule qui exprime une des idées directrices du Deuxième Sexe. Certes, il existe entre la femelle humaine et le mâle des différences génétiques, endocriniennes, anatomiques : elles ne suffisent pas à définir la féminité ; celle-ci est une construction culturelle et non une donnée naturelle : le scientisme fumeux de Mme Lilar n’a pas entamé cette conviction. Elle est au contraire fortifiée par les études de plus en plus poussées qui ont été consacrées à l’enfance pendant ces derniers années ; toutes prouvent que ma thèse est exacte et demanderait seulement à être complétée : « On ne naît pas mâle, on le devient ». La virilité non plus n’est pas donnée au départ. »
Simone de Beauvoir, Tout compte fait.
28 décembre 2007
Les espoirs déçus de la loi Neuwirth
La loi Neuwirth du 28 décembre 1967, relative à la régulation des naissances, a été adoptée afin de réduire le nombre des avortements clandestins et de faciliter l’accès aux objets et médicaments contraceptifs. Cette loi définit les conditions dans lesquelles sont fabriqués et vendus les produits, médicaments et objets contraceptifs, autrement dit les « pilules », les « stérilets » – appelés dispositifs intra-utérins ou DIU –, les diaphragmes et les gelées spermicides ; elle soumet à une réglementation le fonctionnement des établissements de conseil familial ; elle interdit la propagande antinataliste et réserve la publicité pour les médicaments, produits et objets contraceptifs aux seuls médecins et pharmaciens. Mythe fondateur de la légalisation de la contraception, ce texte est encore largement perçu comme emblématique de la « libération des mœurs », car il aurait permis aux femmes d’accéder aisément à la « pilule » en particulier. Cette vision doit cependant être remise en question avec l’analyse des débats autour de la libéralisation de la contraception dans l’administration de la santé et dans les milieux médicaux et pharmaceutiques.Sophie Chauveau, Les espoirs déçus de la loi Neuwirth, Clio, 18/2003.
25 décembre 2007
Le clitoris
Bienvenue sur The-Clitoris.com. Un site Web dédié au plaisir sexuel, à la santé et au bonheur des femmes. Le clitoris détient le secret du plaisir sexuel de la majorité des femmes. Seules les femmes sont dotées d'un organe qui n'a d'autre objectif que de leur donner un intense plaisir sexuel. Une bonne compréhension du clitoris est essentielle à la santé sexuelle et au bonheur émotionnel des femmes. Ce site web tente ainsi de créer un forum de discussion sain et ouvert pour diffuser des informations à propos du clitoris et de la sexualité féminine en général.
18 décembre 2007
Maternalisme et maternitude
Depuis le tournant des années 90, un nouveau concept, utilisé pour analyser et interpréter l'histoire des femmes et l'histoire du féminisme, connaît une grande popularité: il s'agit du « maternalisme », cette pierre angulaire de la philosophie qui sous-tendrait l'action du féminisme dit maternel (appelé aussi féminisme domestique, social, relationnel, de la différence, etc.). C'est un article paru dans l'American Historical Review en 1990, sous la signature de Seth Koven et de Sonya Michel, un historien et une historienne des États-Unis, qui semble avoir déclenché cette popularité. Qu'est-ce que le maternalisme ?Louise Toupin, Des « usages » de la maternité en histoire du féminisme (fichier PDF), Recherches féministes, Volume 9, numéro 2, 1996. « Les âges de la vie ».
La dernière étape, 1976 / 1980, est celle de la maternitude. À partir de 1976, c'est un tout autre discours qui émerge et prend résolument à contre-pied le précédent. Finies les descriptions pesantes des dommages corporels causés par la grossesse. Finies les analyses qui ne voient dans l'enfant que la disponibilité qu'il exige de sa mère. Finies aussi celles qui ne parlent de la maternité que sous le registre du travail domestique non rémunéré. Voici venu le temps de l'éloge et du changement d'approche : désormais les textes évoquent centralement tout ce qui touche au sensible, au corporel / charnel, au relationnel et... au plaisir. Sans compter que la place accordée à ce thème dans les publications du mouvement devient tout à fait considérable.Sabine Fortino, De filles en mères. La seconde vague du féminisme et la maternité, Clio, 5/1997.
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