4. Matière et qualité
À partir du chapitre III, Husserl examine de façon approfondie les
relations et les variations entre la matière d'un acte et la qualité d'un
acte. Il s'appuie de nouveau sur une thèse de Brentano, selon laquelle
« tout acte est une représentation ou a pour base une
représentation ».
Nous caractérisons un vécu comme jugement grâce à une détermination
intrinsèque à ce vécu, et non par quelque chose d'extérieur à ce vécu,
qui nous permet de le distinguer des autres espèces de vécu comme un vécu
de volonté par exemple. Tous les actes de jugement partagent donc une
détermination commune qui fait d'eux des vécus de jugement. Mais
l'essence de la discrimination des vécus se trouve essentiellement dans
la matière, elle-même étant une détermination intrinsèque de l'acte. Il
est difficile de séparer dans l'acte la qualité de la matière : la
description est possible si elle rentre dans un processus de comparaison
et de variation.
Un double problème est posé :
- qu'est-ce que ce moment identique ?
- comment se rapporte-t-il au moment qualité ?
C'est une question centrale, puisque, dans l'acte, la matière confère
à celui-ci la relation déterminée à l'objet.