Chapitre 30
samedi, avril 4 2015 | Cirederf Nomis | 2 commentaires
Les émouvantes retrouvailles avec Kiki, l’apparition d’un nouveau personnage, des nouvelles de la banque de Cirederf… Qu’est-ce qu’il s’en passe des choses dans ce chapitre !
XXX
Zavid me remet sur pieds et me lâche. J’ai encore les jambes toutes tremblotantes à l’idée qu’elle m’embrasse. Quel cauchemar !
Je regarde le vendeur. Les yeux humides d’émotion, il nous dit :
– Comme c’était romantique, snif ! Vous faites un si beau couple !
Je ne vois pas du tout de quoi il veut parler, et Zavid non plus, vu l’incompréhension que je lis dans son regard.
Peu importe. Il est temps d’en finir. Je sors ma carte bancaire et dit au vendeur :
– On achète le minougroar.
Aussitôt, de nouvelles larmes jaillissent dans ses yeux :
– Mes dieux, quelle émotion ! Snif ! Dix-huit ans que je cherche à récupérer un minougroar pour le vendre et ce jour est arrivé ! J’ai désormais suffisamment d’argent pour racheter ma femme et mon fils à Gaga la Graucelimasse, chez qui ils sont esclaves. Snif ! Grâce à vous, une nouvelle vie commence pour moi ! Vous êtes mes bienfaiteurs !
Mais enfin, qu’est-ce qu’il nous veut, ce type ? Il m’a bien regardé ? Il croit peut-être que je suis son biographe officiel, chargé de prendre des notes pendant qu’il raconte son insipide vie ?
Lui, sa grognasse et son moutard peuvent crever la bouche ouverte, je ne veux qu’une chose pour ma part : en finir avec tout cela et rentrer à la maison. J’espère juste que Jojo-Bébert voudra bien m’autoriser à faire quelques heures supplémentaires. J’ai besoin d’argent.
Soudain, alors que le vendeur ouvre la cage de Kiki, une idée plus que géniale – pléonasme en ce qui me concerne, je vous l’accorderais si ma modestie ne m’en empêchait –, jaillit dans mon cerveau fécond et j’ordonne sèchement :
– Attaque, Kiki !
S’il pouvait bouffer ce type et provoquer une panique dans le hall, on pourrait s’enfuir discrètement dans le chaos provoqué et je n’aurais pas à débourser un sou !
Il faut croire que Kiki m’a reconnu car il réagit à mon ordre. Il se met sur le dos, les quatre pattes en l’air, attendant qu’on lui gratte le ventre.
– Ooooooooooh, qu’il est mignon, snif ! fait le vendeur en essuyant de nouvelles larmes. On dirait un gros chaton, il est tout poutou-poutou.
Je soupire et tends ma carte bancaire.
Une fois l’achat entériné, le vendeur me rend ma carte, ainsi que le reçu de la transaction.
– Rhoooo, c’est le plus beau jour de ma vie, snif ! Mon cœur défaille de bonheur !
Si seulement il pouvait littéralement défaillir, ça me mettrait un peu de baume au cœur. Mais non, je n’ai pas ce bonheur, moi.
Kiki, détaché, se précipite sur Zavid et la renverse en grognant. Peut-être n’a-t-il pas été nourri depuis des jours et qu’il va la dévorer sur place, que je me mets à espérer ?
Ah bah non, il lui lèche le visage avec sa longue langue dégoulinante de bave. Beurk…
– Ooooooooh, comme c’est émouvant, ces retrouvailles, snif !
Cette fois c’est sûr, j’en ai marre et plus que marre de tout ce bazar. C’est décidé : je rentre à la maison !
Je dis à Zavid, qui se relève enfin :
– Bon, c’était sympa, toussa, ravi de t’avoir connu etc, mais maintenant que tu as récupéré Kiki, il est temps que nos chemins se séparent. Planèteville m’attend.
– Nous n’en avons pas terminé ensemble, Nomis, qu’elle me répond.
Mes cheveux se hérissent sur ma tête : je lis presque de la douceur dans son regard. Je recule d’un pas. Fasse le ciel que cette psychotique ne s’approche pas de moi !
– Comment ça ? que j’ose demander en déglutissant nerveusement.
– Notre mission n’est pas terminée : nous devons toujours sauver Flocoche ! Il faut contacter Hoyddings pour savoir où il en est, et le rejoindre !
– Oooooooh, comme c’est beau, snif. Vous préparez une mission de sauvetage ! Vous êtes des héros, snif !
Je me tourne vers le vendeur, les mains en avant pour l’étrangler, mais il y glisse un bout de papier.
– C’est quoi ?
– Un nouveau reçu qui vient de sortir du terminal de paiement. Je crois que c’est pour vous, snif.
Je lis :
Cher Cirederf Nomis,
Veuillez recevoir toutes mes félicitations, vous avez réussi à dépenser ce mois courant plus que certains de nos clients en un millénaire, un exploit qui restera dans les annales de notre banque à tout jamais.
Par contre, se pose désormais la question du remboursement. À cet effet, veuillez trouver ci-joint l’échéancier du prêt que je vous accorde généreusement afin de vous remettre sur pied financièrement parlant.
Toujours à vos côtés,
Votre dévoué banquier,
Tablazhar Sicpou.
L’échéancier parle d’un prêt à un taux de 53,74%. Et d’après ce que je lis, j’aurais terminé de rembourser dans 2 578 ans.
Comme il faut toujours voir le côté positif des choses, j’assène à Zavid avec une certaine jouissance :
– Problème résolu ! Je n’ai plus un rond ! Donc je ne t’emmène plus nulle part, je n’en ai plus les moyens. Ravi d’avoir fait ta connaissance, et bonjour à Flocoche quand tu le retrouveras !
Elle ouvre la bouche pour répondre, mais finalement, la referme sans un mot. Yeah ! J’ai enfin réussi à lui rabattre son caquet ! Victoire ! Rien que pour ça, ça valait le coup de vivre toutes ces aventures ! Et là je me rends compte que si je n’ai plus d’argent pour lui faire quitter la planète, je n’en ai plus non plus pour regagner Planèteville.
Je me demande s’il me reste suffisamment de menue monnaie dans les poches pour m’acheter une corde…
Commentaires
Allez, on est à J+4, chapitre suivant SVP :p
Le bon rythme, ça ne pouvait pas durer longtemps :p